Imaginez une discipline qui place l’homme au centre  de sa philosophie. Une discipline qui serait partie de l’espoir de son créateur selon qui, en donnant aux individus qui le peuplent les moyens d’être meilleurs, le monde deviendrait lui-même idéal.

L’histoire de cette discipline profondément humaniste est indissociable  de celle de “Kaiso”, son fondateur. C’est en Chine que tout a commencé. L’agent secret Japonais So Doshin, déjà rompu aux Arts Martiaux par son grand père, prit la couverture d’un disciple de Chen Liang, un prêtre Taoïste. Ce dernier était également maître d’une des branches du Kempo originaire du célèbre monastère Shaolin-Si (Shorin-Ji en Japonais).

Le Temple Shaolin (cc by Tak Wing)
Le Temple Shaolin (cc by Tak Wing)

Lors d’une rencontre à Pékin le maître de Chen Liang lui même, Wen’tau Tsung, vingtième maître de l’école Shorinji Giwamonken de Nord, vit en So Doshin un héritier potentiel de la maîtrise du Kempo. Et en effet, ce derier fut nommé 21e maître en 1936 lors d’une cérémonie officielle au Temple Shaolin.

La marche de l’histoire fit le reste. Après la rupture  de son alliance avec le Japon, l’armée rouge marcha le 09 août 1945 sur la Mandchourie où so Doshin était installé. Dès la reddition du Japon le 15 août, il comprit que la soif de pouvoir qui animait les nations avait pris le pas sur les idéologies, les religions et la morale elle même. Les souffrances de la défaite, l’occupation, le règne de la loi du plus fort… Toutes ces brimades allaient constituer le terreau de sa philosophie.

« La personne, la personne, la personne ! Tout dépend de la qualité de la personne. »

De retour au Japon en juin 1946, So Doshin eut à affronter une nouvelle désillusions. Dans les débris de son pays, miné par la défaite, nombre de gens avaient perdu de vue les buts de leur vies, oublié les valeurs morales tout comme de sens de la charité. Pourtant, sa vision du monde changea lorsqu’il comprit que tout, depuis les politiques nationales, idéologiques ou religieuses jusqu’au plus simple élément de la vie quotidienne reposaient sur des hommes : “Tout dépend de la qualité de la personne”. En formulant cette phrase qui allait être fondatrice, il comprit la nécessité de s’appuyer sur des hommes de bonne volonté.

So Doshin, fondateur du Shorinji Kempo
So Doshin, fondateur du Shorinji Kempo

Pour parvenir à son but de “former des jeunes gens courageux, charitables et justes”, So Doshin entreprit d’enseigner à la fois la philosophie de Bouddha et les techniques dérivées de l’Arahan no Ken dont il était maître en Chine. A travers cet enseignement à la fois physique et mental, les jeunes gens fréquentant son Dojo purent acquérir la force physique, l’expérience, le courage et la confiance en soi nécessaires à affronter les aléas du quotidien tout en préservant  leurs convictions.

L’enseignement fut perfectionné dans le respect fondamental de l’unité du corps et de l’esprit. En 1947, So Doshin lui donna le nom de Shorinji Kempo.

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